UNE JOURNEE AVEC LE REALISATEUR ALLEMAND HEINZ CADERA

Mardi 15 janvier : Le lycée René Cassin reçoit un invité prestigieux, le réalisateur

allemand Heinz CADERA.

Malgré un emploi du temps chargé, le réalisateur allemand Heinz Cadera a répondu positivement

à une invitation de Mme Elgart, professeure d’allemand.

En ce mardi 15 janvier, le projet se réalise : Heinz Cadera vient à la rencontre des germanistes

et de la classe option CIAV de Mme Breil-Boin,

partageant son expérience franco-allemande et internationale avec beaucoup de simplicité.

 

 

Et dans sa valise de réalisateur, il apporte un cadeau surprise : un documentaire conçu et réalisé pour nous avec l’équipe d’Invitation au voyage d’Arte. Le rédacteur en chef, Pacôme Perret, ancien élève du Lycée René Cassin, s’y adresse à nos élèves. Nous le remercions pour ce clin d’œil.

Lors de deux conférences, en allemand et en français, suivies d’échanges, nos lycéens ont pu prendre la mesure de la réalité d’un métier complexe et approcher un homme engagé, humaniste passionné et passionnant.

Son langage : les images. A travers ses films et documentaires, nous découvrons un homme qui œuvre pour la paix et l’entente entre les peuples, pour la défense de la cause animale et du monde futur, mais aussi un amateur de culture, de musique et d’histoire.

La journée se clôt sur une photo de groupe, souvenir d’une rencontre qui a marqué les lycéens et leurs enseignants. Nous adressons ici nos remerciements chaleureux à M. Cadera: « Herzlichen Dank für diesen schönen Tag. »

 

Ce qu’en disent les élèves de 2nde en option cinéma

 

La rencontre avec Heinz a été remarquablement formatrice, scolairement et humainement. Scolairement car nos élèves de cinéma ont été mis au contact de la réalité d’un métier exigeant. Faire un film est un travail de très longue haleine. Il faut des références culturelles, il faut penser et bâtir très rigoureusement le projet. Quel message faire passer, pourquoi ? Par qui ? Il faut bâtir les personnages, observer, prendre et laisser beaucoup. Comment ? Ecrire c’est penser au tournage, mais déjà aussi au montage. Il faut donc voir loin. Et aussi et surtout, c’est travailler ensemble, en équipe. Et pour mener cette vaste entreprise il faut du temps. C’est tellement mieux perçu lorsque c’est dit par un professionnel du cinéma.

Nos élèves ont été très touchés par ce témoignage direct, chaleureux, sans masque et ont retenu une leçon aussi de vie. Pour certains Heinz a fait s’écrouler un peu leur représentation un peu trop idéalisée du monde de l’image et mis à mal leur projet professionnel. Pour d’autres, il les a confortés dans le choix de cet enseignement et leur projet à très long terme. Heinz a même carrément suscité des vocations et a ouvert plus grand les yeux de ces apprentis cinéastes en plein questionnement sur leur orientation. Voilà des rencontres magiques, comme nous les aimons car leur effet est durable, bien au-delà du seul moment de la rencontre. Merci Heinz.

Les professeurs de cinéma.

Au cours des semaines, les élèves des classes de 2nde, 1ère et Tle ont été amenés à formuler leurs réflexions par un travail de synthèse et d’écriture – en français et en allemand. Voici quelques extraits de leurs témoignages.

Les élèves germanistes de 2nde ont la parole:

Un réalisateur au lycée Cassin

Le mardi 15 janvier, les élèves des classes d’allemand et de l’option cinématographique ont eu l’honneur de recevoir la visite d réalisateur allemand Heinz Cadera.

Monsieur Cadera a travaillé dans d’innombrables pays. Il a travaillé pour l’association « 30 millions d’amis » qui se bat pour la cause animale. A cette occasion, il a tourné en Libye, lors d’une opération de sauvetage dans un zoo abandonné à Tripoli après la guerre civile. Il a tourné également dans d’autres zones de conflit, une aventure qui l’a marqué.

Le  réalisateur allemand a beaucoup tourné en France, par exemple pour la chaîne franco-allemande ARTE, et parfois il travaille avec des réalisateurs français.

A la question sur le changement apporté par le progrès technologique, Monsieur Cadera répond qu’être réalisateur revient désormais à être en plus caméraman et ingénieur du son ! Et seul, il n’a plus d’autres personnes avec qui partager son expérience.

Pierre et Aurélia

Le réalisateur allemand Heinz Cadera qui partage sa vie entre la France et l’Allemagne et qui a aussi beaucoup voyagé nous a parlé de son métier. Une question était au centre de la conférence : « Qu’est-ce qu’un bon film ? »

Heinz Cadera a réalisé beaucoup de films documentaires, notamment des documentaires animaliers pour « 30 millions d’amis ». Ses tournages en lieux difficiles ont été grandement facilités par le développement d’appareils beaucoup moins lourds et volumineux. Ainsi, là où un tournage nécessitait plusieurs personnes de professions spécialisées, il suffit aujourd’hui d’une seule personne qui gère à la fois la prise de l’image et celle du son.

Mais il nous a parlé également des films animaliers fictifs, comme « Les Saisons ». Ce fut l’occasion d’aborder les difficultés inhérentes à ce genre de film. En effet, il est nécessaire d’habituer les animaux à la présence de l’homme, sans pour autant les dresser.

Un bon film, selon lui, est tout simplement un film qui comporte un début, un milieu et une fin.

Pierre-Antoine et Juliette

Coup de projecteur sur le réalisateur

Heinz Cadera a beaucoup voyagé dans sa vie ce qui lui a permis de tourner de magnifiques images, mais aussi de travailler avec d’autres réalisateurs, comme son ami Vincent Steiger. Avec lui, il a travaillé sur un très beau film racontant l’histoire de la traversée de l’Europe par un loup, « L’Odyssée du loup ».

Nous avons retracé la modernisation du cinéma. H. Cadera nous a expliqué que depuis quelques années le cinéma avait beaucoup évolué. Les cassettes, par exemple, ont été remplacées par des caméras devenues plus petites, de meilleure qualité aujourd’hui. Et elles filment silencieusement, ce qui contraste bien avec les caméras de l’époque très imposantes, encombrantes et qui faisaient du bruit en tournant.

Nous remercions chaleureusement Monsieur Heinz Cadera pour son déplacement, le temps qu’il nous a consacré, pour son investissement dans cette conférence, ce partage sur le cinéma franco-allemand.

Anna et Antoine

Grâce aux progrès technologiques, le reportage en solitaire est de plus en plus simple, notamment avec une caméra RED qui offre une qualité exceptionnelle pour un poids modéré.

Lors de ses reportages, Heinz Cadera apprécie particulièrement le contact avec les habitants qui lui permettent de découvrir plus en profondeur la région du reportage. Il est fasciné par la faune et de ce fait, il ne se rend pas toujours compte des dangers encourus. Ainsi, il s’est déjà trouvé nez à nez avec un rhinocéros, une mygale et un caïman. « Lorsqu’on est derrière la caméra, on ne pense plus qu’à l’image. » a-t-il ajouté.

Rémy et Louis

Heinz Cadera a réalisé de nombreux tournages, notamment en compagnie d’un autre réalisateur célèbre, Jacques Perrin qui travaille également sur des reportages animaliers ou sur des populations en difficulté.

Pour effectuer des tournages, il faut avoir le sens du travail en équipe.

Elorri et Jules

Son rêve de devenir réalisateur s’est accompli après des années d’effort. Au cours de nombreuses années, il a travaillé pour « 30 millions d’Amis ». Cette émission a pour but de sensibiliser le public à sauver et à protéger les animaux en voie de disparition. Pour  réaliser ces documentaires animaliers, il part voyager dans le monde (jungle ou montagnes).

Lorsqu’il filme des scènes dangereuses, il se tient derrière la caméra et toutes ses peurs disparaissent.

Loan et Tom

Les élèves de 1ère ont participé aux deux conférences. Ils témoignent :

Ein Interview mit dem Regisseur Heinz Cadera

Wir trafen am 15. Januar einen bekannten deutschen Regisseur, Heinz Cadera. H. Cadera wollte nicht immer Regisseur werden. So begann er auf der unteren Stufe der Leiter. Sein Motto : « Ein guter Film muss einen Anfang, eine Mitte und ein Ende haben. »

Er erklärt, dass die Musik eine  groβe Rolle bei der Inszenierung spielt. Dann zeigt er uns einen Ausschnitt aus einem Film mit sehr schönen Bildern über die Fauna und Flora. Tatsächlich setzt er sich als überzeugter Vegetarier seit Jahren für den Schutz der Tiere ein.

Heinz Cadera hat sich auch international engagiert. So drehte er beispielsweise einen Dokumentarfilm über die Rettung der Tiere im Zoo von Tripolis, die unter dem Krieg gelitten hatten. Auch wenn die Hilfsorganisation alles in ihrer Macht Stehende getan hat, um die armen Tiere zu retten, mussten sie doch den Verlust eines Tigers bedauern. Der Regisseur fing dieses tragische Ereignis mit der Kamera ein, eine herzzerreiβende Szene.

In einem weiteren Film zeigt er einen alten Wachtturm, der sich in einer Ebene an der früheren Grenze zur DDR wie in der Zeit eingefroren, wie ein unsterbliches Relikt aus einer vergangenen Epoche erhebt.

Heinz Cadera liebt seine Arbeit sehr, denn sie ermöglicht ihm, zu reisen, Menschen zu treffen und neue Kulturen zu entdecken. Er hat auch viel mit Tierschutzorganisationen zusammengearbeitet wie « 30 Millions d’Amis » in Frankreich und « Vier Pfoten » in Deutschland und Österreich.

Heinz Cadera ist ein groβer Regisseur, der uns seine Leidenschaft für Tierfilme weitergegeben hat.

Ayous, Awen, Etienne

LE MONDE DU CINEMA PAR HEINZ CADERA :

La question la plus complexe du cinéma pourrait être : Qu’est-ce qu’un bon film ? La réponse à cette question est différente selon les personnes. Le point de vue que nous allons développer est celui de Heinz Cadera.

Heinz Cadera est un réalisateur-documentariste allemand. Travaillant en France et en Allemagne, il vit dans ces deux pays. Lorsqu’il était jeune, il n’envisageait pas une carrière dans le cinéma. D’après lui, il est difficile, voire impossible de faire carrière dans le cinéma sans proches ou famille dans ce milieu. Très peu d’entre eux réussissent grâce à la seule persévérance, qui selon lui est pourtant l’une des clés de la réussite.

Il a commencé à étudier le commerce dans une école à Londres, mais il s’est vite rendu compte qu’il n’aimait pas le business. Il a découvert le cinéma grâce à son colocataire Mike qui étudiait à la  Royal Academy of Arts. Ce dernier avait besoin d’aide pour son court-métrage. Heinz s’est proposé. Il s’est ainsi occupé des décors pendant longtemps. Mais un jour, il manquait un caméraman. Heinz a décidé de le remplacer. Ce fût sa première expérience en tant que caméraman.

M. Cadera a aimé la façon de voir et d’interagir avec le monde derrière la caméra. Pour son premier film, il a travaillé 15 à 17 heures par jour. Il travaille pour la chaîne franco-allemande Arte et, il a notamment participé à « 30 Millions d’Amis ». Il fait maintenant des films depuis 30 ans.

Qu’est-ce qu’un bon film selon Heinz Cadera ?

Le plus important pour M. Cadera est que, pour faire un bon film, il faut savoir ce que l’on veut filmer avant de tourner, et avoir beaucoup de temps et de patience à consacrer au cinéma. L’organisation est également un point essentiel de la réussite. Un bon film doit raconter une histoire ; il faut un début qui présente l’histoire, les personnages, un élément perturbateur et une situation finale avec résolution, ou non, du problème. Un film est un divertissement, il doit être fait pour informer et/ou raconter une histoire. Les images ne sont pas le seul point important, il ne faut pas négliger la musique. Elle peut nous emporter dans différents univers. Pour Heinz Cadera, le cinéma est un travail d’équipe : Le cinéma est composé de plusieurs métiers ce qui, pour le réalisateur, est très important et nécessite le travail en groupe, autre élément permettant la création d’un  bon film.

A ses débuts, le film était sur une bande, donc le montage prenait beaucoup de temps. C’est la raison pour laquelle on devait avoir le film en tête avec les plans que l’on voulait réaliser avant de tourner. H. Cadera avait et a toujours le souci de l’organisation pour ce genre de choses. Les monteurs étaient donc très étonnés mais content, car leurs tâches étaient ainsi facilitées. Pour Heinz Cadera, même si la télévision va possiblement disparaître dans quelques années, « les gens ont besoin d’images », a-t-il dit en citant des plateformes comme Netflix. Donc pour lui, le métier de réalisateur ne va pas disparaître, mais évoluer au cours du temps.

Juline et Marie

Heinz Cadera : un réalisateur engagé

Heinz Cadera travaille souvent pour ARTE. Il trouve cette chaîne de télévision intéressante, car elle permet beaucoup de liberté et propose du contenu de qualité, contrairement aux chaînes du câble qui sont commerciales et à but lucratif.

Dans de nombreux longs et courts métrages, il défend la cause animale, notamment lors de sa collaboration avec l’association « 30 Millions d’amis » et de sa participation à la réalisation du film « L’Odyssée du Loup ».

Sur d’autres tournages, il s’implique dans la vie animale. Il a travaillé, par exemple, pendant six mois avec des oies pour les filmer volant au-dessus du pont de Manhattan, une scène de 40 secondes.

Inès et Emma

Heinz Cadera : Porträt eines deutsch-französischen Regisseurs

Der Regisseur Heinz CADERA hat Filme in französischer und deutscher Sprache gedreht, vor allem für den deutsch-französischen Sender ARTE, das ZDF und auch für das Kino, zum Beispiel mit Jacques PERRIN: „Les Saisons“.

Heinz Cadera ist seit 30 Jahren in den audiovisuellen Medien tätig. Er begann jedoch mit dem Wirtschafsstudium, mochte aber keine Zahlen. Dank seines Nachbarn, der an einer Londoner Filmschule studierte,  wandte er sich dem Kino zu. Seine Anfänge waren schwierig: er begann als Bühnenbildner und arbeitete zwischen 15 und 17 Stunden am Tag - und das für nur einen geringen Lohn: ein Sandwich. Als dann der Kameraassistent krank wurde, ersetzte er ihn. Das erlaubte ihm, die Leiter hinaufzusteigen, bis er Regisseur wurde.

Heute lebt er in Paris und dreht Filme für verschiedene Fernsehsender wie ARTE, ZDF und bis vor kurzer Zeit für „30 Millionen Freunde“, denn er engagiert sich stark für die Tierwelt. Tatsächlich produzierte er für diese Tierschutzorganisation etwa 150 Filme und wurde auch Vegetarier.

Gleichzeitig mit seiner Karriere hat sich seine Vision von Kino weiterentwickelt. Dies ist insbesondere auf den groβen technologischen Fortschritt zurückzuführen: die Kameras, wie z. b. die Kamera mit integrierter Tonaufzeichnung, sind von ausreichender Qualität, um kleine Teams (3 Personen) zu ersetzen. Tatsächlich kann jetzt eine Person allein eine Reportage drehen.

Heinz Cadera bemerkt auch einen Sinnverlust im Beruf. Auch wenn jeder die Möglichkeit hat, qualitativ hochwertige Videos zu drehen, so sind diese für ihn nicht unbedingt « gute Filme ». Tatsächlich fehlt oft ein wesentlicher Bestandteil: die Geschichte. Ihm zufolge ist ein guter Film ein Film, der eine Geschichte erzählt, Emotionen, eine Ethik usw. vermittelt – mit Hilfe eines gut vorbereiteten Drehbuchs. Auβerdem wird Musik in Filmen nicht ausreichend eingesetzt; sie ist aber doch sehr wichtig.

Quentin, Maël, Alejandro

Des images plein la tête

« Un bon film est un film qui raconte une histoire », telle est la vision de Heinz Cadera, réalisateur allemand que nous avons rencontré à l’occasion d’une conférence. Il nous a expliqué l’évolution du métier de réalisateur, les différences entre la télévision et le cinéma, ainsi que quelles expériences lui a apporté ce métier et ce qu’il lui apporte encore aujourd’hui.

En quelques années, le matériel a considérablement évolué. Au début de sa carrière, M. Cadera nous explique que la prise de son et de l’image se faisaient sur différents appareils, ce qui nécessitait la mobilisation de trois personnes : le réalisateur, une personne portant l’encombrante caméra et une autre s’occupant du son. De nos jours, le matériel est plus petit, moins coûteux et de meilleure qualité. Il s’appuiera sur l’exemple des Smartphones : pour lui, ils sont de qualité suffisante pour des débutants ! L’image est de bonne qualité, le son est enregistré en même temps, tout cela dans un appareil léger. Il utilise quant à lui une caméra qui fait la taille d’un appareil photo. Pour tourner, il n’a besoin que de celui-ci ; pas besoin de payer d’autres personnes. Il a donc plus de budget pour lui, il peut aller plus loin dans ses déplacements. L’autre avantage est qu’il n’a pas besoin de coordonner des personnes. Il nous explique que parfois la personne tenant la caméra ne prenait pas exactement les scènes qu’il voulait pour son film. Désormais ce problème n’existe plus. De plus, la réduction de la taille du matériel permet d’être discret, de filmer partout où l’on veut des scènes réelles. Il nous raconte que parfois les gens confondent sa caméra avec un appareil photo et prennent la pose, avant de se rendre compte de leur erreur. Quelques fois ils acceptent même que M. Cadera garde cette scène comique.

Cependant pour faire un film, il ne suffit pas de filmer, il faut aussi le monter ! La révolution numérique a changé drastiquement la façon de monter un film. Lors des débuts de M. Cadera, un film était enregistré sur plusieurs pellicules à usage unique, qu’on découpait, puis réassemblait pour donner la version finale du film. Il n’y avait pas le droit à l’erreur. Il fallait bien réfléchir et monter le film dans sa tête, avant de découper. Le réalisateur nous confie qu’il a gardé cette méthode, il réfléchit toujours avant de monter, même si désormais il suffit d’un clic pour faire machine arrière et recommencer.

Pour réaliser un film pour le cinéma, la question du budget est cruciale. En effet, il faut disposer d’un budget assez conséquent. « Il faut aussi être très patient », nous dit Heinz Cadera en nous expliquant qu’il a fait partie de l’équipe de Jacques Perrin pour le tournage du film Les Saisons, tournage qui a duré plusieurs mois. Une scène de quelques minutes peut prendre plusieurs jours.

En revanche, réaliser un film pour le cinéma permet d’avoir plus de libertés, que ce soit pour le sujet ou dans la façon de le traiter. Les réalisateurs sont plus reconnus dans le cinéma, bien qu’il soit plus difficile de percer dans ce milieu.

Heins Cadera a principalement tourné pour la télévision, que ce soit des films pour ARTE ou bien pour « 30 Millions d’Amis ». Il y a bien plus de personnes qui regardent la télévision que de personnes qui vont au cinéma, il y a donc un public potentiel plus nombreux. Il y a aussi plus de formats disponibles (reportages courts, longs, journal TV, émission diverses, …) et il est plus facile de réunir les fonds nécessaires au tournage. Un réalisateur a donc plusieurs opportunités, ce qui lui permet de ne jamais faire la même chose.

Ce qui plaît à Heinz Cadera dans ce métier, c’est qu’il a pu voyager, rencontrer de nouvelles personnes avec qui il a parfois tissé des liens. La rencontre avec l’association « 30 Millions d’Amis », par exemple, l’a sensibilisé à la cause animale. Il a aussi pu découvrir d’autres cultures, d’autres façons de voir le monde propres à certaines civilisations. Et il y a toujours des choses à apprendre, car il y a besoin d’une multitude de métiers pour réaliser un film.

Sauf que la quête de l’image, l’obsession de l’image parfaite, peut parfois pousser à prendre des risques inconsidérés. Le réalisateur nous a raconté avoir pris de gros risques pour filmer des scènes de guerre au plus près lors d’un reportage en Libye. Il nous a expliqué aussi que parfois on peut perdre une part d’humanité, notamment en filmant des scènes d’extrême tristesse. Lors de l’attentat à Charlie Hebdo, il se trouvait dans un hôtel du Boulevard Richard Lenoir où un policier a été abattu par les terroristes. Il a tout d’abord voulu filmer (des scènes qui auraient sûrement été reprises dans de nombreux médias), avant d’y renoncer ; cela lui posait un problème d’éthique, certaines scènes ne doivent pas être filmées.

Nous remercions Heinz Cadera de nous avoir présenté son métier et de nous avoir fait partager ses expériences de réalisateur.

Martin, Julien, Gautier

 


LE JOURNAL DU LYCEE

INFOS RESTRUCTURATION

 

Copyright Lycée René Cassin Bayonne© 2014. Tous droits réservés.